© Stéphane Gabart

Convivialité & Gastronomie

Grande musique, grands crus, grandes heures

Du 29 mars au 20 décembre 2017

Ode à la culture et au terroir de Saint-Émilion, le festival des Grandes Heures reçoit tout au long de l’année des artistes prestigieux, pour des concerts classiques d’exception dans les plus belles propriétés viticoles de la région. Rencontre avec François Querre, créateur du festival et infatigable troubadour.

1980. Les Grandes Heures de Saint-Émilion voient le jour au cœur du pays du Libournais, fruit de l’audace et de la pugnacité d’un particulier. François Querre vit au domaine familial de Château Montbousquet, à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, commune limitrophe de Saint-Émilion. « C’est la demeure XVIIIe cerné par les vignes, romantique au possible, qui m’a inspirée l’idée d’un évènement culturel décentralisé, ancré dans le territoire saint-émilionnais », se souvient-il. Amoureux de sa région, épris de musique et de vin, féru d’histoire, ce natif de Pomerol imagine un festival à son image, qui lie l’art contemporain au patrimoine architectural, l’Histoire au terroir, la grande musique aux grands vins.

Sans financements, l’ancien producteur radiophonique part en quête de mécènes potentiels mais se heurte aux caisses vides des collectivités. C’est à la faveur d’une visite présidentielle sur ses terres que sa persévérance sera enfin récompensée. Séduit par le charme et la sérénité qui se dégagent des ruelles escarpées de Saint-Émilion, Valéry Giscard d’Estaing encourage le maire de la bourgade à participer à la toute première Année du patrimoine. Dès lors, les portes s’ouvrent, les tampons pleuvent. La première édition des Grandes Heures – ainsi baptisées en hommage aux Grands Crus – peut avoir lieu. Cinq châteaux accueillent des solistes de l’Orchestre de Bordeaux auxquels se joignent des artistes internationaux réputés. Le budget restant modeste, un stage d’œnologie sera proposé aux concertistes en lieu et place de leur cachet…

Un festival à part

2017. La renommée des Grandes Heures a traversé les frontières comme les années, le nombre de châteaux partenaires a triplé et l’association, toujours menée tambour battant par son fondateur, compte désormais trois bénévoles. Pourtant, 37 ans après sa création, le festival n’a rien perdu ni de son authenticité ni de sa magie. D’Israël, de Russie, de Chine ou du Japon, les grands noms comme les jeunes prodiges viennent de loin – souvent à leur demande et toujours gracieusement –, attirés par la cité millénaire et la perspective de s’y produire, ou plutôt, d’y vivre une expérience unique : interpréter Mozart, Bach ou Chopin dans le chai ou l’orangerie d’un domaine de Grand Cru Classé…

Pianistes, violonistes, clarinettistes sont reçus en amis dans la demeure de François et Almuth Querre : « Il est fréquent que l’artiste arrive la veille, pour s’imprégner de l’âme et de la beauté des lieux. Le lendemain, il joue comme s’il était chez lui ! ». Le public, qui compte de nombreux fidèles du Bordelais et des visiteurs du monde entier, est accueilli par les familles propriétaires avec cette même chaleur, dans un cadre particulièrement intimiste – la capacité des « salles » ne dépassant pas 350 places. Et en fin de représentation, c’est autour d’un buffet accompagné de la prestigieuse production de la maison, que l’on se remet de ses émotions musicales. Ainsi, tel un bon vin, un concert des Grandes Heures est un savant assemblage d’esprit festif et de prestation haut de gamme, d’exigence et d’émotion, de « feu sacré » et de communion.

Chaleur et ferveur

Si on lui demande ses coups de cœur de la saison, François Querre s’offusque : « Tous le sont ! » Citons tout de même pour l’exercice, Gautier Capuçon au violoncelle et Frank Braley au piano, à Château Cheval Blanc, les pianistes Philippe Cassard et Cedrick Pessia pour un concert à quatre mains à Château Pavie-Macquin ou encore le trio Itamar Golan au piano, Bertrand Laude à la clarinette et Lea Hennino à l’alto, dans le spectaculaire chai de Château Soutard

Hors les murs des propriétés, c’est à l’intérieur des remparts de la cité médiévaleinscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 1999 – que le festival se poursuit. Exposition des Carnets de voyage de Titouan Lamazou dans la salle des Dominicains, « jour-nez » des senteurs dans le cloître de l’église collégiale du XIIe siècle ou encore Fête du solstice autour du menhir de Pierrefitte classé monument historique… rythmeront cette année la vie culturelle saint-émilionnaise. Quant à la plus grande fierté de François Querre ? « Sans conteste, le fait d’accueillir cette année des artistes nés après la création du festival ! »

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Les Grandes Heures de Saint-Émilion
Du 29 mars au 20 décembre 2017
Programmation 2017
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